Kanazawa et les Alpes japonaises
L’île centrale du Japon, appelée Honshū, est aussi l’île principale du pays qui abrite la capitale Tokyo ainsi que d’autres grandes villes comme Kyoto et Osaka. La région géographique au centre de Honshū est connue sous le nom de région de Chūbu, une zone qui englobe neuf préfectures, dont celle de Nagano qui a accueilli les JO d’hiver de 1998. La région se démarque par ses hautes montagnes, comprenant l’iconique mont Fuji et les fameuses Alpes japonaises.
Retrouvez ici les premiers jours de notre voyage à Tokyo.
Jour 6 | Tokyo > Kanazawa : ce premier voyage en Shinkansen est une révélation. Ponctuel, rapide, confortable, silencieux, les avantages ne manquent pas ! Les wagons sont larges et spacieux, il y a en masse de place pour les bagages et les jambes. Nous savourons nos bentos achetés sur le quai de la gare de départ en admirant le paysage défiler à toute vitesse. Après trois heures de trajet, nous débarquons dans l’imposante gare de Kanazawa et sautons dans un taxi pour nous rendre à l’hôtel KUMU. Une fois déposées nos valises, nous partons à la découverte des quartiers typiques de Kanazawa, dont celui de Higashi Chaya, célèbre pour ses alignements d’anciennes maisons en bois traditionnelles. Il n’y a pas beaucoup de restaurants ouverts en ce dimanche soir. Après quelques recherches, nous trouvons Ebisu Sushi, authentique Isakaya situé en dehors des sentiers battus. Le chef nous installe dans son salon reconverti en salle à manger où nous dinons assis sur des tatamis. Nous savourons alors un menu constitué de sushis, sashimis, bouillon et boules de riz sucrées en dessert. Le chef est jovial, heureux de recevoir des voyageurs, et nous offre bières et chocolat en cadeau de départ. Un accueil mémorable !





















Jour 7 | Kanazawa : nous débutons notre journée par la visite du château de Kanazawa, un complexe fortifié qui a été construit dans les années 1580. La visite se concentre sur le parc, les fortifications, les tourelles et les portes partiellement reconstruites. Il s’agit plus d’une itération parmi de multiples reconstructions suite aux séismes et incendies successifs qui l’ont frappé au cours de son histoire (1881 pour le dernier en date). Le donjon n’a, d’ailleurs, toujours pas été rebâti. Le bâtiment central, récemment rénové, présente toutefois une charpente remarquable.















Puis nous poursuivons par le Jardin Kenroku-en, situé derrière le château. Nous prenons une pause au Miyoshian Suitei, un pavillon de thé traditionnel qui surplombe les eaux sombres d’un étang. Nous poursuivons dans les allées verdoyantes du jardin mais la chaleur est accablante. Nous trouvons alors refuge dans le quartier des musées pour nous rafraîchir dans ses halls climatisés. C’est dans celui du Musée préfectoral d’art d’Ishikawa que nous succombons devant la vitrine de la pâtisserie Musée de H. On ne résiste pas à refaire une pause sucrée devant la finesse de ses pâtisseries. Reboostés et rafraîchis, nous nous rendons au Musée d’Art contemporain en passant par le sanctuaire shinto IshiuraShrine.


















Face à la chaleur étouffante, nous décidons de sauter dans un bus pour effectuer les quelques arrêts qui nous séparent du centre-ville. Nous nous rendons au marché en quête d’un déjeuner tardif et nous nous attablons au Kanazawa Curry Laboratory, une succulente petite cantine de curry japonais. Nous effectuons quelques emplettes au marché et dans le centre commercial voisin avant de prendre une pause à l’hôtel. Puis nous décidons de régler quelques détails logistiques. Nous passons chez le loueur de voitures pour nous assurer de la validité de mon permis de conduire international car certains sites indiquaient que ce dernier devait être traduit en japonais. Une fois cette vérification faite, nous nous rendons à la gare pour acheter nos billets de train pour Kyoto que nous rejoindrons dans quelques jours. Nous prenons aussi quelques infos à l’office de tourisme et passons une tête dans l’immense magasin de plein-air de la marque japonaise Montbell. En chemin vers un restaurant, nos nous arrêtons dans un minuscule bar, le Budokan, tenu par une sympathique barmaid, où nous discutons au comptoir avec des japonais en voyage d’affaires, curieux de rencontrer deux visiteurs canadiens. Le restaurant que nous avions repéré affiche complet, nous décidons alors de faire quelques courses au FamilyMart, ces conbinis ouverts 24/7, et nous poser dans l’un des lobbys de l’hôtel.









Jour 8 | Kanazawa > Hida : nous récupérons notre véhicule de location chez Toyota Rent a car, un van compact Toyota Noha, véhicule cubique mais très logeable, et prenons la direction des Alpes japonaises. Les premiers kilomètres sont un peu déstabilisants. Il faut composer avec le poste de conduite à droite, la circulation inversée, la signalisation en japonais… Heureusement que le GPS nous accompagne en français ! Nous évitons l’autoroute et empruntons plutôt des routes nationales moins fréquentées. Nous faisons une première étape à Ainokura, un petit village traditionnel relativement tranquille. Nous en profitons pour nous régaler de tempuras chez Matuya, le seul restaurant/boutique du village avant de flâner dans ses ruelles désertes, entourées de montagnes à la végétation dense.















Changement d’ambiance pour notre seconde étape à Shirakawa-gō. Il y a foule dans ce village aux allures de carte postale. Après avoir stationné notre automobile sur l’un des parkings en périphérie du village, nous dégustons une succulente glace au matcha chez Purin-ni-ie avant de vadrouiller parmi les maisons traditionnelles posées au milieu de rizières verdoyantes.





















Nous rattrapons l’autoroute pour rejoindre la région de Takayama au cœur des Alpes japonaises. Les quatre voies sont tantôt suspendues sur de vertigineux viaducs, tantôt s’engouffrent dans de longs tunnels qui transpercent les montagnes couvertes de végétation luxuriante. Nous arrivons dans la petite ville d’Hida qui sera notre camp de base pour les quatre prochains jours. Nous prenons place dans une maison typique du centre-ville, la Yoshiki no Sato Furukawa, accueilli par son charmant propriétaire. Il est déjà tard, nous décidons de dîner dans un chaleureux Isakaya situé à deux pas avant de faire une balade nocturne dans le village.
Jour 9 | Hida <> Takayama : après un copieux petit déjeuner livré à domicile, nous partons découvrir Hida. La petite cité est tranquille, épargnée par les hordes de touristes concentrés dans la ville voisine de Takayama. Nous apprenons alors qu’Hida est célèbre pour son festival, et visitons l’intéressant Hida Furukawa Festival Exhibition Hall qui nous permet d’admirer l’incroyable artisanat qui règne autour des chars et des tenues traditionnelles qui défilent chaque année. Ces chars sont d’ailleurs dispersés un peu partout dans la ville, abrités dans de discrets hangars. Nous passons ensuite dans le musée voisin Hida Takumi Carpentry Museum consacré à l’incroyable art kigumi des charpentiers japonais.





















Nous poursuivons notre balade dans les ruelles d’Hida, drainées par de petits canaux à l’eau cristalline dans lesquels frayent d’énormes carpes. Près du remarquable temple bouddhiste Honkō-ji, nous nous posons au café Kanokoyapour déguster d’étonnantes gaufres liégeoises dans une salle climatisée et colorée. Hida est également réputée pour sa production de saké. Une visite s’impose dans les distilleries locales, la Kaba Sake Brewery et la Hourai Sake Brewer Watanabe Shuzoten pour une dégustation et quelques achats.









En début d’après-midi, nous nous rendons à Takamaya, une ville voisine d’Hida, destination touristique populaire des Alpes japonaises. Changements d’ambiance, les rues sont plus animées, occupées par les nombreux touristes de passage. Nous nous perdons dans les multiples boutiques de souvenirs et d’art de la table japonais et ne résistons pas à l’achat de quelques baguettes, porte-baguettes et autres bols à riz. Il n’empêche que ces rues aux maisons anciennes ont beaucoup de charme, et qu’il est agréable d’y flâner ou d’y déguster une glace au matcha. Sur la route du retour, nous décidons de nous arrêter dans un supermarché local pour y effectuer quelques courses et diner à la maison. Difficile d’identifier la nature des produits dans les rayons, tous les articles étant suremballés. On se rabat sur les plats préparés, plus facilement reconnaissables et appétissants, pour un dîner assis sur les tatamis de notre salle à manger !















Jour 10 | Hida <> Shinidaka : adeptes de rando alpine, nous avions envie de goûter à la montagne japonaise. Il faut cependant composer avec la chaleur ambiante qui nous dissuade d’effectuer une trop longue ascension. Nous nous rendons au téléphérique Shinhotaka Ropeway qui va nous épargner une montée trop éreintante, et nous propulser directement à 2 156 mètres d’altitude. Nous constatons que l’accès au téléphérique peut se faire également par la station intermédiaire, équipée d’un grand parking à proximité. Nous arrivons à la station supérieure de Nishihotakaguchi où a été aménagé un large deck d’observation mais la vue sur les sommets est partiellement bouchée par des nuages persistants. Nous nous engageons alors sur le sentier balisé qui mène au refuge Nishiho Hut. Nous traversons une épaisse forêt, dense et humide, ce qui est assez surprenant à cette altitude élevée. Nous croisons plusieurs randonneurs japonais, souriants et suréquipés, reconnaissables aux tintements de leurs clochettes pour éloigner les ours… Au bout d’une heure trente d’efforts, nous atteignons le refuge, posé sur un col qui permet de prendre la mesure du massif. Cela donne envie d’en faire plus mais il nous faudrait plusieurs jours pour parcourir les différents sommets. L’averse nous a rattrapé, et nous trouvons refuge dans la hutte autour d’un café et d’un chocolat chaud. Le retour s’effectue par le même sentier, rendu glissant par l’averse récente. La descente en téléphérique nous permet d’admirer le massif enveloppé par d’épais nuages.



























Cette rando nous a donné chaud et nous décidons de nous rafraichir au Shinhotaka Outdoor Public Onsen, un petit onsen aménagé au bord de la rivière Gamada. L’endroit est spartiate mais on y trouve un minuscule vestiaire et des bassins alimentés par une source d’eau chaude. Nous discutons avec un vieil homme japonais, plutôt affable, professeur de yoga, qui nous remettra sa carte de visite en partant.





De retour à Hida, nous dînons au comptoir du Sen Teppan yaki & Sushi, un incroyable Isakaya familial où un jeune chef cuisine énergiquement devant nous sur des plaques chauffantes. On se régale devant ce spectacle !



Jour 11 | Hida <> Kamikochi : nous prenons la direction de Kamikochi, une vallée forestière de 15 kilomètres située le long de la rivière Azusa, à une heure de route d’Hida. Le plateau de Kamikochi se trouve entre 1 400 et 1 600 mètres d’altitude, avec des sommets atteignant plus de 3 000 mètres pour les massifs environnants. C’est l’un des parcs les plus fréquentés du Japon. Son accès est strictement réglementé et fermé aux automobiles. Il faut donc emprunter une (onéreuse) navette en bus après avoir stationné notre véhicule sur un parking payant. La vallée fait également office de point de départ parfait pour des longues randonnées pour atteindre les sommets montagneux connus de la région : Yake-dake, Hotaka-dake et Yariga-take.Pour cette journée, nous prévoyons de faire la balade d’une douzaine de kilomètres qui longe la rivière d’un côté puis de l’autre, agrémentée de paysages magnifiques. Plusieurs refuges et restaurants ponctuent le parcours. Il y a pas mal de visiteurs mais cela reste supportable. On apprécie la fraîcheur apportée par la rivière !





















La partie en amont est un peu plus sauvage. Un sentier chemine au milieu d’une zone humide créé par les méandres de la rivière cristalline Azusa. Régulièrement, des Bear Bell émaillent le parcours mais nous supposons qu’elles sont plus installées pour amuser les touristes que pour effrayer les ours. Malgré la fréquentation touristique, nous rencontrons une colonie de petits singes, finalement peut préoccupés par notre présence. Nous terminons notre tour en traversant le camping du site puis atteignons le pont Kappa-bashi, point central qui offre une vue dégagée sur les montagnes environnantes. Nous regagnons le terminal de bus, dont la dimension doit être à la hauteur de la surfréquentation estivale. Avec cette chaleur, nous terminons la journée à l’onsen Hirayu no Mori avant de rentrer à Hida.



























Emballés par le restaurant de la veille, nous y retournons avant de profiter de la lune rousse dont la lumière apporte une teinte particulière aux ruelles et mystérieux temples d’Hida.












Jour 12 | Hida > Kyoto : nous savourons notre dernier petit-déjeuner bento dans notre location et nous nous préparons pour le départ. Hida aura été un véritablecoup de cœur, on a adoré son authenticité et sa tranquillité. Nous prenons un dernier café chez Kanokoya et achetons quelques gaufres pour la route. Nous rentrons à Kanazawa par l’autoroute, plus rapide que les routes secondaires sinueuses, et rapportons notre véhicule chez Toyota Rent a car. Après avoir identifié le quai de départ de notre Shinkansen, nous partons nous ravitailler pour le déjeuner dans l’immense food-court de la gare qui propose une multitude de repas et autres bentos à emporter. On adore le concept ! Il est 12h00, le train entre en gare, direction Kyoto ! Retrouvez la suite du voyage ici.



Voyage effectué du mardi 1er au dimanche 20 Juillet 2025


